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28/05/2007

Stewartstown Road Regeneration Project - 1

Le Stewartstown Road Regeneration Project est un projet dont j'ai pu suivre l'évolution à diverses occasions. J'en touche d'ailleurs un mot dans mes "Chroniques belfastoises". Ma première visite remonte au mois d'août 1999. J'y avais rencontré Jean Brown, une travailleuse communautaire protestante.

 

Situé à l’extrémité de Belfast Ouest - majoritairement catholique -, ce projet de revitalisation urbaine concerne l'enclave protestante de Suffolk et le quartier catholique de Lenadoon. Il se situe sur la peaceline de Stewartstown Road qui sépare les deux communautés. Je m’étais rendu sur place lors de mon premier séjour, sur le conseil de Chris O'Halloran, coordinateur du Belfast Interface Project. Le bus m’avait déposé à l’angle de Suffolk Road et de Stewartstown Road. Un énorme fortin militaro-policier, rehaussé d’un mirador en béton entièrement grillagé, se dressait sur le coin. J’avais alors traversé la route pour me retrouver dans le parking d’un bâtiment abritant un bureau de poste et quelques commerces, dont l’étage supérieur avait été condamné, s’il fallait se fier à ses fenêtres aveugles. Dans le prolongement, sur la gauche du bâtiment se trouvait une route fermée par des tôles épaisses, garnies sur leur sommet f52e6e4687dfa6bbf4c468be0d18981f.jpg93616c834195dbf4c178fc15a92aafa5.jpgbf301c106e7e56672cca226b7fb78ca2.jpgde barbelés. Puis venait une rangée de maisons sociales délabrées, dont les fenêtres du rez-de-chaussée et les portes d’entrée étaient couvertes de grillage pou se prémunir de jets de pierre, de bombes incendiaires et autres projectiles. Face à elles se dressaient de haut thuyas et des grilles métalliques servant à protéger les habitants d’éventuelles incursions de nationalistes catholiques. J’étais passé derrière cette peaceline et j’avais longé les maisons abandonnées en apparence. L’une d’elles abritait pourtant les bureaux de services sociaux protestants. Jean Brown, une femme d’une cinquantaine d’années, m’avait reçu. Elle m’avait décrit le processus de rapprochement des deux communautés, les obstacles, les espérances. Elle m’avait expliqué que la maison dans laquelle nous nous trouvions, ainsi que ses voisines, allait disparaître pour céder la place à un centre commercial. Un bâtiment moderne plus vaste devait remplacer l’actuel qui abritait la poste et les petits commerces. Ceux-ci seraient relogés dans le nouvel immeuble qui accueillerait en plus, à l’étage supérieur, les services sociaux des deux communautés. « Ce projet est idéal pour le futur, commentait Jean alors. Il devrait permettre de créer de l'emploi au niveau local et de favoriser à long terme le mélange des deux communautés. Il réussira, parce qu’il est porté par les habitants. »

(...)

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