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01/04/2009

Dissidents en baisse, police en hausse

D'après le Premier ministre nord-irlandais, Peter Robinson, des "républicains" - entendez des "Catholiques" - ont fourni des informations à la police permettant l'arrestation de dissidents républicains (The News Letter). Une telle chose aurait été tout à fait impensable pendant "les Troubles". Une preuve supplémentaire du déclin du phénomène paramilitaire au sein des communautés catholiques.

Par ailleurs, on signalera que la police nord-irlandaise compte à ce jour 26 % de Catholiques (BBC). L'objectif est d'atteindre 30 % d'ici 2011. L'accord de paix de 1998 avait prévu un recrutement 50/50 des Catholiques et des Protestants. L'accord de Saint-Andrew, survenu en 2006, a précisé que l'imposition de ce recrutement perdurerait jusqu'à ce 30 % des effectifs de la police soient Catholiques.- après cela le recrutement se poursuivrait normalement.

Jusqu'en 1998, la police nord-irlandaise comptait 8 % de Catholiques. Ces derniers étaient souvent victimes de harcèlement moral de la part de leurs collègues protestants. Dans le même temps, ils étaient considérés comme des cibles prioritaires pour l'IRA. Au cours des Troubles, 300 policiers  - toutes origines confondues - ont été tués, dont 277 du fait de l'IRA.

Il a également été procédé à l'engagement de 31 policiers issus de groupes minoritaires (Pakistanais, Afro-antillais,  Chinoise et  Indiens).

La proportion de femmes est passée de 12 % en 2001 à 23,43 % aujourd'hui.

31/03/2009

L'adieu aux larmes

Comme annoncé précédemment, je publie un article sur les derniers événements en Irlande du Nord dans le "Libertés" n°453 (avril) - la revue d'Amnesty International Belgique.

J'y explique pourquoi le processus de paix est sur la bonne voie, et ce malgré les attentats des dissidents républicains. J'aborde aussi la question de la reconversion professionnelle - combien difficile - des paramilitaires aujourd'hui.

NB : Actuellement, l'Ulster est secoué par une série d'émeutes, d'incendies de voitures et de fausses alertes à la bombe (voir : Belfast TelegraphYahoo Actualités). Il s'agit fort vraisemblement de répliques aux récentes arrestations de dissidents républicains. Rien de bien inquiétant en soi (voir ma note : Du bon usage des émeutes). Se sentant acculés, les irréductibles semblent avoir décidé de pratiquer la tactique de la terre brûlée.

10:08 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ira, cira, rira, amnesty, paramilitaires

18/03/2009

Une police pour tous, un changement majeur

Si la police nord-irlandaise reste une cible de choix pour les dissidents, les rapports avec la population s'améliorent.

 

En septembre 2008, l'Institute for Conflict Research avait édité une étude concernant les rapports entre la police et les communautés catholiques et protestants : Policing Loyalist and Republican Communities:  Understanding key issues for local communities and the PSNI. En ces temps "troublés", il est utile de s'y référer pour mieux comprendre les avancées dans le domaine et les enjeux à venir.

Dans les quartiers catholiques (républicains), le rapport avec la police a longtemps été conflictuel. Ces lieux étaient le plus souvent des zones non-droit contrôlées par l'IRA. Le fait que le Sinn Fein soutienne la police (PSNI) permet de changer l'approche. Aujourd'hui, les Catholiques attendent des résultats de la police et qu'elle soit visible.

Côté protestant (loyaliste), pendant longtemps il y a eu une identification avec la police (à 92 % protestante durant le conflit). Actuellement, elle n'est plus perçue comme le défenseur des intérêts protestants, d'où une certaine désaffiliation. Certains sont persuadés qu'ils sont délaissés au profit des intérêts catholiques.

L'enjeu majeur pour la police est donc d'établir de nouvelles formes de collaboration, tant avec les communautés catholiques qu'avec les communautés protestantes. Pour ce faire, il faut trouver des relais locaux. La police doit aussi apprendre à connaître les initiatives et programmes des communautés avec lesquelles des partenariats sont possibles. Quoi qu'il en soit, si certaines sensibilités restent à fleur de peau, tous s'accordent pour reconnaître l'importance d'avoir - y compris sur le plan symbolique - une police reconnue et soutenue par tous les partis politiques et la majorité des communautés locales.

 

 

16/03/2009

Du bon usage des émeutes

Evitons toute mauvaise interprétation des émeutes actuelles. Elles ne sont pas synonymes d'un retour des "Troubles" en Irlande du Nord, comme certains l'affirment.

 

On en parle peu, mais les émeutes ont longtemps été monnaie courante en Ulster. En 2002, certaines endroits connaissaient deux à trois émeutes par  semaine. La toute récente arrestation de Colin Duffy, un ancien senior de l'IRA, et de Declan McGlinchey, fils d'un leader de l'INLA, ont mis le feu aux poudres dans certains quartiers. Cela ne veut pas dire pour autant qu'elles ont forcément une connotation politique.

A l’origine de celles-ci émeutes, on trouve essentiellement des jeunes, commente Neil Jarman Neil Jarman, directeur du Conflict Research Center. Par le passé, ils ont été abondamment utilisés comme piétaille par les paramilitaires. Ca peut toujours être le cas aujourd’hui, si les relais politiques des dirigeants des communautés ont un intérêt à créer des troubles. Ils peuvent également préférer que le secteur soit calme.

« Mais aujourd’hui, le moteur principal des émeutes, c’est l’ennui, explique-t-il. Parce que les jeunes n’ont rien d’autre à faire, ils traînent près des endroits à risque, s’arrangent pour se battre entre eux et se lancer des pierres. On parle alors ‘d’émeute récréative’. Ce n’est pas forcément sectaire en soi. Ce sont seulement des problèmes de jeunes désœuvrés, qui ne savent pas quoi faire, ne disposent pas d’argent ou de revenus, et qui sont peu scolarisés. » Pour Neil, il y a beaucoup de constantes avec les émeutes. Parfois, elles surviennent à cause de tensions politiques, d'autres fois parce qu'il y a eu une émeute la nuit d'avant et qu'il était impossible de déterminer qui était le vainqueur. D’autres prétextes servent de déclencheurs aux émeutes.

Aujourd'hui, les forces de l'ordre deviennent désormais la cible des émeutiers, mais ce phénomène n'est pas propre à l'Irlande du Nord.