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16/03/2009

Du bon usage des émeutes

Evitons toute mauvaise interprétation des émeutes actuelles. Elles ne sont pas synonymes d'un retour des "Troubles" en Irlande du Nord, comme certains l'affirment.

 

On en parle peu, mais les émeutes ont longtemps été monnaie courante en Ulster. En 2002, certaines endroits connaissaient deux à trois émeutes par  semaine. La toute récente arrestation de Colin Duffy, un ancien senior de l'IRA, et de Declan McGlinchey, fils d'un leader de l'INLA, ont mis le feu aux poudres dans certains quartiers. Cela ne veut pas dire pour autant qu'elles ont forcément une connotation politique.

A l’origine de celles-ci émeutes, on trouve essentiellement des jeunes, commente Neil Jarman Neil Jarman, directeur du Conflict Research Center. Par le passé, ils ont été abondamment utilisés comme piétaille par les paramilitaires. Ca peut toujours être le cas aujourd’hui, si les relais politiques des dirigeants des communautés ont un intérêt à créer des troubles. Ils peuvent également préférer que le secteur soit calme.

« Mais aujourd’hui, le moteur principal des émeutes, c’est l’ennui, explique-t-il. Parce que les jeunes n’ont rien d’autre à faire, ils traînent près des endroits à risque, s’arrangent pour se battre entre eux et se lancer des pierres. On parle alors ‘d’émeute récréative’. Ce n’est pas forcément sectaire en soi. Ce sont seulement des problèmes de jeunes désœuvrés, qui ne savent pas quoi faire, ne disposent pas d’argent ou de revenus, et qui sont peu scolarisés. » Pour Neil, il y a beaucoup de constantes avec les émeutes. Parfois, elles surviennent à cause de tensions politiques, d'autres fois parce qu'il y a eu une émeute la nuit d'avant et qu'il était impossible de déterminer qui était le vainqueur. D’autres prétextes servent de déclencheurs aux émeutes.

Aujourd'hui, les forces de l'ordre deviennent désormais la cible des émeutiers, mais ce phénomène n'est pas propre à l'Irlande du Nord.

13/11/2008

Ségrégation spatiale, impacts quotidiens

L'ICR (Institute for Conflict Research) a publié en septembre dernier une étude intitulée "Segregated Lives : Social Division, Sectarianism and Everyday Life in Northern Ireland". Elle fait le point sur la manière dont les différentes formes de ségrégation (sociales et religieuses) affectivent la vie quotidienne des Nord-Irlandais. Cela concerne autant l'accès au logement, le travail, l'école, le shopping, les loisirs et les activités sociales. Cette recherche a été menée pendant 17 mois avec l'appui financier du Community Relations Council, dans le cadre de l'European Support Programme for Peace and Reconciliation.

L'étude montre combien ces divisions jouent un rôle dans différents environnements et quel est l'impact sur les habitants, comment ces divisions varient à différents moments de la journée et suivant les saisons. Les auteurs émettent une série de recommandations en vue d'une discussion plus large sur la construction de la paix et le développement d'un futur partagé durable en Irlande du Nord. L'intégralité de la recherche est téléchargeable sur ce lien.

13/05/2008

La fin des Peacelines?

Ian Paisley, Premier ministre nord-irlandais jusqu'à la fin du mois, a exprimé le souhait que le travail commence pour mettre à bas les peacelines. Ce n'est pas la première fois qu'une telle intention est émise. A Belfast, le Belfast Interface Projet est un des acteurs-clés pour solutionner ce problème. Il s'attèle depuis 1995 à réduire les conflits et à régénérer les interfaces.

Par ailleurs, si vous souhaitez en savoir plus sur les peacelines, je vous renvoie à l'article que je viens d'écrire pour le magazine "Libertés" d'Amnesty international : "Murs physiques, barrières mentales".

26/01/2008

Division, multiplication et écologie

Selon un récent rapport de la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS), la division de la société nord-irlandaise serait lourde de conséquences en termes d'empreinte écologique, rapporte The NewsLetter. Et de fait, il a fallu souvent dédoublé certaines services, afin de répondre aux besoins des communautés repliées sur elles-mêmes. Pas question, en effet, pour un Catholique de fréquenté le même service qu'un Protestant et vice-versa. Plus qu'une aversion pour l'autre communauté, la peur explique plus sûrement ces comportements. La création "d'espaces partagés" s'avérerait des plus bénéfiques sur les plans social, économique et environnemental. Il existe déjà différents projets "partagés" à Belfast, tel celui de Duncairn Gardens, de Stewartstown Road (1 et 2) ou de l'Ashton Center.