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19/03/2009

L'école, vecteur de réconciliation?

La dernière livraison du Courrier international consacre un article fort intéressant à l'Irlande du Nord : La réconciliation passe par l'école.

Je souscris à cette approche avec quelques nuances, sachant que les cours de recréation et abords d'école servent à régler bien des comptes. Il ne faut pas s'imaginer que les enfants sont des anges. Par ailleurs, je ne peux rejoindre l'auteur de l'article concernant l'usage des taxis. Son analyse vaut pour les taxis communautaires, mais il existe de plus en plus de taxis non-communautaires qui passent allégrement d'une communauté à l'autre.

Ces remarques étant posées, l'analyse est tout à fait correcte concernant le manque d'écoles intégrées et la volonté de contrôle des réseaux sur leurs écoles respectives.

18/03/2009

Une police pour tous, un changement majeur

Si la police nord-irlandaise reste une cible de choix pour les dissidents, les rapports avec la population s'améliorent.

 

En septembre 2008, l'Institute for Conflict Research avait édité une étude concernant les rapports entre la police et les communautés catholiques et protestants : Policing Loyalist and Republican Communities:  Understanding key issues for local communities and the PSNI. En ces temps "troublés", il est utile de s'y référer pour mieux comprendre les avancées dans le domaine et les enjeux à venir.

Dans les quartiers catholiques (républicains), le rapport avec la police a longtemps été conflictuel. Ces lieux étaient le plus souvent des zones non-droit contrôlées par l'IRA. Le fait que le Sinn Fein soutienne la police (PSNI) permet de changer l'approche. Aujourd'hui, les Catholiques attendent des résultats de la police et qu'elle soit visible.

Côté protestant (loyaliste), pendant longtemps il y a eu une identification avec la police (à 92 % protestante durant le conflit). Actuellement, elle n'est plus perçue comme le défenseur des intérêts protestants, d'où une certaine désaffiliation. Certains sont persuadés qu'ils sont délaissés au profit des intérêts catholiques.

L'enjeu majeur pour la police est donc d'établir de nouvelles formes de collaboration, tant avec les communautés catholiques qu'avec les communautés protestantes. Pour ce faire, il faut trouver des relais locaux. La police doit aussi apprendre à connaître les initiatives et programmes des communautés avec lesquelles des partenariats sont possibles. Quoi qu'il en soit, si certaines sensibilités restent à fleur de peau, tous s'accordent pour reconnaître l'importance d'avoir - y compris sur le plan symbolique - une police reconnue et soutenue par tous les partis politiques et la majorité des communautés locales.

 

 

16/03/2009

Du bon usage des émeutes

Evitons toute mauvaise interprétation des émeutes actuelles. Elles ne sont pas synonymes d'un retour des "Troubles" en Irlande du Nord, comme certains l'affirment.

 

On en parle peu, mais les émeutes ont longtemps été monnaie courante en Ulster. En 2002, certaines endroits connaissaient deux à trois émeutes par  semaine. La toute récente arrestation de Colin Duffy, un ancien senior de l'IRA, et de Declan McGlinchey, fils d'un leader de l'INLA, ont mis le feu aux poudres dans certains quartiers. Cela ne veut pas dire pour autant qu'elles ont forcément une connotation politique.

A l’origine de celles-ci émeutes, on trouve essentiellement des jeunes, commente Neil Jarman Neil Jarman, directeur du Conflict Research Center. Par le passé, ils ont été abondamment utilisés comme piétaille par les paramilitaires. Ca peut toujours être le cas aujourd’hui, si les relais politiques des dirigeants des communautés ont un intérêt à créer des troubles. Ils peuvent également préférer que le secteur soit calme.

« Mais aujourd’hui, le moteur principal des émeutes, c’est l’ennui, explique-t-il. Parce que les jeunes n’ont rien d’autre à faire, ils traînent près des endroits à risque, s’arrangent pour se battre entre eux et se lancer des pierres. On parle alors ‘d’émeute récréative’. Ce n’est pas forcément sectaire en soi. Ce sont seulement des problèmes de jeunes désœuvrés, qui ne savent pas quoi faire, ne disposent pas d’argent ou de revenus, et qui sont peu scolarisés. » Pour Neil, il y a beaucoup de constantes avec les émeutes. Parfois, elles surviennent à cause de tensions politiques, d'autres fois parce qu'il y a eu une émeute la nuit d'avant et qu'il était impossible de déterminer qui était le vainqueur. D’autres prétextes servent de déclencheurs aux émeutes.

Aujourd'hui, les forces de l'ordre deviennent désormais la cible des émeutiers, mais ce phénomène n'est pas propre à l'Irlande du Nord.

Le chiffre : 300 dissidents républicains

Selon le chef de la police nord-irlandaise (PSNI), Sir Hugh Orde, le nombre de dissidents républicains serait de 300 (RTE News).

Hier, à Lurgan, après l'arrestation d'une figure républicaine, des policiers ont été victimes d'une attaque au cocktail molotov à Lurgan - une petite ville de 40 000 habitants, située dans le comté d'Armagh, non loin de Portadown.

09:52 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : psni, cira, rira