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16/05/2007

Retour à Belfast - 3

Suite de l'épisode 2 qui lui même faisait suite à l'épisode 1 (dingue!). Où je retrouve mon vieil ami Chris O'Halloran qui m'a aidé à faire mes premiers pas à Belfast. La nuit est tombée et la pluie tombe toujours. Je vous laisse ce 3e et court épisode pour ce long week-end.

(...) Pour Chris O'Halloran, j’ai apporté plusieurs tablettes de chocolat belge. Cette attention le touche. En plus, il en a l’air friand. Nous parlons de Belfast, de ce qui bouge, de ce qui reste. Chris me parle des investissements dans le centre-ville, des hôtels et des bâtiments culturels qui poussent comme des champignons, de la volonté de faire venir du monde à Belfast, et surtout de cette tendance des autorités publiques à dire que tout va bien.

- C'est comme s'il ne s'était jamais rien passé, que les Troubles n’avaient jamais existé.

Le pouvoir a souvent du mal à assumer un passé qui le dérange... Mais peut-être est-ce aussi une façon d'accélérer le retour à la normale, la reprise économique et la venue des investisseurs? Il est vrai qu'il est parfois nécessaire de se projeter vers l'avenir, plutôt que de continuellement regarder en arrière. De là à nier le passé? A recouvrir le feu qui couve sous la cendre?  L'entreprise peut s'avérer risquée... Chris regrette que trop souvent les pouvoirs publics ignorent les recommandations des acteurs qui oeuvrent à la réconciliation. Il me demande si dans mon boulot de chercheur, je suis confronté aux mêmes problèmes. Dans un premier temps, je lui déclare que les résultats de ma dernière recherche ont satisfait le commanditaire. Puis, l’instant d’après, je lâche :

- Parfois, j’ai le sentiment que les recommandations que l’on formule sont prises en compte uniquement lorsque cela rejoint les intérêts du commanditaire.

- Je comprends ce que tu veux dire. J’ai aussi ce sentiment.

Il est déjà l’heure de se séparer. Chris m’amène en voiture jusqu’au Mandela’s Hall, en face de la Queen’s University, dans le Sud de la ville, là où les habitants se situent entre classes moyennes et classes supérieures, quand ce n’est pas au-delà. Tous les membres – ou presque - du réseau Banlieues d’Europe se retrouvent là ce soir pour assister à la séance d’ouverture du Belfast Winter Carnival. Il y a là : des personnes déjà rencontrées ailleurs, d’autres à découvrir, des amis à revoir, des amitiés à nouer, des moments à partager, des conversations à mener à bâtons rompus… Faire réseau, à nouveau.

 

 

 

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