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05/05/2007

Retour à Belfast - 1

4c3957f471a45a90696fec8703e42493.jpgEn novembre 2006, j’étais invité par « Banlieues d’Europe » à Belfast pour participer à un colloque sur le thème « Cultures et conflits ». La ville était le site idéal pour débattre d’un tel sujet. Chroniques de ce voyage de quatre jours, déjà précédemment éditées dans un autre blog, mais quelque peu retouchées ici.

Jeudi 23 novembre 2006

Le bimoteur évolue péniblement au milieu des bourrasques de vent. A travers le hublot, j’aperçois l’embouchure de la 1c70b1b5a5c007380f06c58cea6eee19.jpgLagan, le fleuve qui traverse Belfast. L’écume abondante témoigne d’une certaine agitation. De temps à autre, les nuages cèdent la place au soleil. Une secousse plus forte que les autres me fait tourner la tête vers mon compagnon de voyage.
- Je te l’avais dit ! Tout à fait l’impression d’avoir roulé sur une bosse.
Jean Hurstel, président du Réseau "Banlieues d'Europe", ne dit rien, se contentant de sourire. Une nouvelle embardée conforte ce sentiment de progresser sur une vieille route empierrée. Qui eut cru que l’air puisse être aussi résistant ?
Les anciens chantiers navals se profilent. Tout le quartier portuaire monte vers nous. L’avion sort son train d’atterrissage et se pose rapidement sur le tarmac du Belfast city airport, rebaptisé Georges Best en l'honneur du seul sportif nord-irlandais qui ait toujours été applaudi par les deux communautés.

La descente n’a pas traîné. La récupération des bagages non plus. A l’extérieur de l’aéroport de la ville, un taxi réservé par « Banlieues d’Europe » nous emmène de l’autre côté de Belfast, au Balmoral Hôtel. Là, on s’empresse de sustenter au grill bar : hamburger-frites-salade et une pinte de Harp. Il était temps, il est déjà quinze heures ! Cela nous rend de moins méchante humeur l’un et l’autre.  On en profite pour évoquer le programme : nous sommes là pour quatre jours, les 13es rencontres du réseau ont pour thème "Cultures et conflits". Jean en profite pour me poser la question :
- Au fait, qu’est-ce qui t’a amené à écrire sur Belfast ?
- Ben… Au cours de mes deux séjours, je me suis rendu compte que j’avais amassé quantité de matériau sur cette ville : des interviews, des impressions, de la documentation… Je me suis dit qu’il y avait quantité de choses à apprendre de cette ville, à transmettre… Des pratiques qui seraient utiles pour d’autres villes européennes.
Terriblement classique comme démarche : le sentiment d’avoir un message à délivrer. Depuis les lointaines origines de l’écriture il en a toujours été ainsi. Quel conditionnement !

Le repas fini, Jean retourne dans sa chambre faire une sieste. Je regagne la mienne pour me doucher et repartir aussitôt vers le centre-ville. Un coup d’œil à mon vieux plan de Belfast à moitié déchiré me précise, qu'au cas où j'aurais encore le moindre doute, nous sommes vraiment à l’autre bout de la ville. Heureusement, à la réception, on me renseigne un arrêt de bus juste en face de l’hôtel… Côté gauche de la route, il faudra m’y faire à cette manière de conduire. Le soleil qui nous a accueilli s’est déjà enfui. La nuit  tombe déjà, en même temps qu’une légère pluie.
Au conducteur, je tends mon billet de 5 livres sterling représentant la tête de la reine. L’homme le prend en ricanant : « Her Majesty the Queen ! » Serait-il Républicain-Catholique-Nationaliste ? Le trajet emprunté par le bus traverse effectivement l’Ouest Catholique de la ville. Il passe devant le projet de régénération urbaine de Stewartstown Road. J’ai déjà eu l’occasion de le visiter à deux reprises. Il tient bon. Derrière un bâtiment de deux étages regroupant les services sociaux protestants et catholiques se trouve l’enclave loyaliste de Suffolk. Les membres des deux communautés ont appris à gérer cet « espace partagé », à s'y côtoyer.

(...)

 

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